Le silence dans la chambre à coucher est rarement soudain, il ne s'installe pas en un jour. C'est un glissement lent, une poussière d'habitudes qui vient étouffer le feu jusqu'à ce qu'il ne reste que des cendres tièdes. Un soir, vous vous couchez côte à côte, le dos tourné, en faisant semblant de dormir pour éviter les explications, l'un attend une caresse qui ne vient plus et l'autre redoute un geste qui ressemblerait à une obligation. La pièce est saturée de ce que vous n'osez plus nommer...
Je suis Jérémie BESSARD, Thérapeute de couple et Sexothérapeute. Dans mon cabinet, je vois chaque semaine des hommes et des femmes pris dans cette même dynamique invisible. Ils s'aiment sincèrement, mais ils ne se désirent plus. Et la question, lancinante, finit par tomber : est-ce la fin de notre histoire ?
Pourquoi le couple idéal devient une entreprise sans érotisme
Regardez Marc* et Sophie*. 12 ans de vie commune, 2 enfants, une maison avec jardin, une logistique réglée comme une horloge suisse. Vus de l'extérieur c'est le couple idéal, mais vus de l'intérieur, c'est une PME très efficace qui a déposé le bilan sur le plan érotique.
Quand Sophie me parle, sa voix est posée, presque résignée. Elle m'explique qu'ils s'entendent à merveille, qu'ils ne se disputent jamais, mais que la dernière fois qu'ils ont fait l'amour remonte à 8 mois, et que c'était pour cocher une case. Marc, lui, fixe le tapis. Il ressent ce désert intime comme une castration silencieuse, il a arrêté d'essayer par peur de se heurter à un soupir de lassitude ou un détournement de regard.
Ils sont devenus d'excellents associés, de très bons parents et de parfaits amis. Mais la chambre est devenue un territoire neutre et débarrassé de tout érotisme.
Pourquoi en sont-ils arrivés là ? Parce qu'ils ont commis l'erreur de confondre la sécurité amoureuse et l'élan du désir. L'amour cherche la fusion, la protection ou encore le connu. Le désir, lui, a besoin de distance, d'inconnu et d'un brin de mystère. En voulant tout sécuriser, Marc et Sophie ont étouffé la moindre étincelle.
Ce que nos histoires inconscientes fabriquent à notre insu
Pour comprendre cette extinction, il faut plonger dans ce que l'inconscient fabrique à notre insu. Nos histoires d'enfance et nos loyautés invisibles nous sculptent dès le plus jeune âge. Bien souvent, nous reproduisons le modèle d'un foyer où la sexualité n'existait pas, ou alors nous luttons contre une peur panique d'être abandonné.
Chez Marc, la peur du rejet est si viscérale qu'il préfère ne rien tenter plutôt que de risquer un refus. Chez Sophie, le rôle de mère a complètement recouvert celui de femme. Inconscient et culpabilité se mêlent : associer le corps maternique au plaisir érotique pur déclenche une forme de blocage sourd.
Mais au-delà du passé, il y a la vérité inconfortable du présent, celle que l'ego refuse d'admettre.
Regardons la réalité en face, la baisse de désir n'est pas une fatalité biologique ni la faute du temps qui passe. C'est le résultat direct de vos choix quotidiens, vous avez préféré le confort de la routine à la prise de risque de la séduction. Vous avez attendu que le désir tombe du ciel, alors qu'il se cultive comme un jardin.
Le piège absolu dans lequel tombent Marc et Sophie, et peut-être vous aussi, c'est la tentative de solution redondante : forcer ou éviter. Plus Marc réclame une marque d'affection, plus Sophie se sent sous pression et se ferme, et plus Sophie se retire, plus Marc s'angoisse et insiste. C'est un cercle vicieux parfait où la solution appliquée entretient le problème.
Et vous, combien de fois avez-vous attendu d'avoir envie pour bouger, sans comprendre que c'est l'action qui crée l'envie, et non l'inverse ?
Comment rallumer la flamme sans jamais se forcer
On ne sort pas de cette impasse en se forçant. Se forcer à faire l'amour quand le corps dit non est le moyen le plus rapide de bloquer définitivement l'esprit. Il faut changer la règle du jeu.
Avec Marc et Sophie, nous avons commencé par casser la boucle. Première décision : interdiction formelle d'avoir un rapport sexuel complet pendant 3 semaines. En retirant la pression du résultat et l'obligation de performance, le soulagement a été immédiat.
Puis, nous avons réintroduit le contact corporel à travers des exercices de reconnexion sensorielle, sans aucune attente génitale. Réapprendre à se toucher pour le seul plaisir de la peau, redécouvrir le corps de l'autre sans que cela soit le préambule obligatoire à une pénétration !
Sur le plan de la communication, nous avons déplacé le curseur, finies les reproches qui verrouillent l'autre dans sa posture. Nous avons travaillé l'expression directe du besoin. Sophie a appris à dire ce dont elle avait besoin pour se sentir disponible, et Marc a compris que le refus d'un soir n'était pas une remise en cause de sa valeur.
Mon objectif n'est pas de vous rendre dépendants de la thérapie, les actions d'aujourd'hui doivent devenir les habitudes saines de demain. Le désir ne se décrète pas, il s'invite. Il demande de l'espace, un peu d'audace et la volonté de sortir du rôle rassurant du partenaire parfait pour réinvestir son propre espace de liberté.
Retrouver la complicité et réinventer son intimité
Retrouver le désir demande du courage, le courage de regarder en face ce qui a été délaissé, de nommer les rancœurs accumulées et de lâcher le contrôle.
Marc et Sophie n'ont pas retrouvé la passion spontanée de leurs débuts, ils ont fait mieux, ils ont construit une intimité plus mature et plus choisie, où le jeu et la vulnérabilité ont à nouveau leur place.
Le désir dans le couple n'est jamais vraiment mort, il est simplement engourdi sous des couches de fatigue, de non-dits et d'habitudes. Il ne tient qu'à vous de faire le premier pas pour fissurer la routine et laisser à nouveau passer la lumière...
*Afin d'illustrer mes propos, j'ai choisi de vous partager quelques extraits de l'histoire de Sophie et Marc, un couple que j'ai eu le privilège d'accompagner. Bien entendu, les extraits sont partagés avec leur accord et dans le respect de leur confidentialité (les prénoms ont été modifiés).
Mon livre pour les couples à bout de souffle
Mais est-ce que les silences s’allongent entre vous ? Est-ce que chaque tentative de discussion se transforme en tribunal ou en évitement systématique ?
Lorsque le couple devient une source d'épuisement, la bonne volonté ne suffit plus. Quand un couple traverse une zone de turbulences, l'erreur la plus fréquente est d'attendre que l'orage passe. Mais l'inaction ne stabilise pas le système, au contraire elle fige les rancœurs.
C'est pourquoi, je vous offre mon livre «LE COUPLE : DE L’ÉPREUVE À L’ÉPANOUISSEMENT» :
- Découvrez dans mon livre, pourquoi vos désaccords se répètent invariablement sous la même forme. Vous apprendrez à identifier vos mécanismes de défense automatiques pour stopper immédiatement l'escalade des tensions.
- Mais aussi, analysez les variables invisibles qui usent la connexion et gèlent le désir. Mon livre vous donne des outils pour réamorcer la présence corporelle à l'autre, au-delà de la routine logistique et des charges du quotidien.
- Également, apprenez à formuler un besoin fondamental ou à fixer une limite indispensable sans déclencher la défensive, la colère ou encore le repli de votre partenaire. Rétablissez enfin une intelligence émotionnelle et relationnelle.
À qui s'adresse ce livre ?
Mon livre a été écrit spécifiquement pour les couples qui font face à une baisse de vitalité relationnelle, à des conflits ou encore à une sensation de solitude à deux. Si vous refusez de laisser la situation se dégrader, cet ouvrage est votre premier point d'appui. Pour le télécharger, cliquez sur le lien juste en dessous...
Jérémie BESSARD.

